Date de création

1918

Caroni

Fermée en 2002, la distillerie de Trinidad ne produit plus rien, mais son nom fait toujours rêver les collectionneurs. Goudron, caoutchouc, hydrocarbures : un rhum de mélasse puissant, au caractère très marqué. Des bouteilles surtout signées Velier, dont le stock fini se vide à chaque dégustation.

Site officiel

Découvrez d’autres marques

On vous en dit plus

Description de la marque

Caroni est une distillerie de rhum de Trinité-et-Tobago, aujourd’hui disparue, devenue un véritable objet de culte pour les collectionneurs. Les sources divergent sur sa date de fondation officielle, 1918 pour les unes, 1923 pour les autres. Pendant de longues années, elle a fourni à la Royal Navy britannique un rhum de mélasse puissant, dit « heavy ». En 1975, l’État trinidadien nationalise Caroni Ltd, propriété du groupe Tate & Lyle depuis 1937, qui devient Caroni (1975) Limited. La distillerie ferme définitivement en 2002.

Le site se trouvait sur la plaine de Caroni, à Trinidad, île principale de Trinité-et-Tobago, au large du Venezuela. Il s’élevait non loin de Port of Spain, à l’emplacement d’une ancienne sucrerie. Cette situation garantissait à la distillerie un approvisionnement direct en mélasse locale, matière première de ses rhums. Caroni appartient donc à la famille des rhums de mélasse, à ne pas confondre avec les rhums agricoles élaborés à partir de pur jus de canne, comme ceux de Martinique. Cette distinction aide à comprendre le style de la maison.

L’outil de production associait des alambics à repasse (pot stills) et des colonnes, ce qui permettait de varier les styles. Caroni reste connu pour des rhums puissants, aux marqueurs devenus classiques : hydrocarbures, goudron, caoutchouc. Depuis la fermeture, le nom ne vit plus que par des embouteillages indépendants. En octobre 2004, Luca Gargano, dirigeant du distributeur italien Velier, découvre le site à l’abandon avec un énorme stock de fûts, dont certains distillés en 1974. Il les achète et les met en bouteille : c’est le début de la Caronimania. D’autres embouteilleurs indépendants, comme Rum Nation, la Scotch Malt Whisky Society ou Rom de Luxe, ont aussi proposé des Caroni. Plus rien n’est distillé depuis 2002 : chaque millésime est un stock fini, très recherché et souvent échangé aux enchères.

Ce qui à fait sa réputation

Principales cuvées

spiritueux

Caroni 1974 34 ans Full Proof Heavy Trinidad Rum


Distillé en 1974, un an avant la nationalisation de Caroni, puis mis en bouteille par Velier en 2008 à 66,1 % vol. après 34 ans de vieillissement.

Caroni 1985 21 ans Full Proof Heavy Trinidad Rum


Millésime 1985, embouteillé par Velier en 2006 à 58,8 % vol. après 21 ans de vieillissement.

Caroni 1996 20 ans Full Proof Heavy Trinidad Rum


Embouteillé par Velier en 2016 à 70,1 % vol., après 20 ans de vieillissement entièrement tropical. Le profil associe les marqueurs de Caroni (hydrocarbures, goudron, caoutchouc) à du gâteau à la vanille, des noix grillées, du tabac et du café, avec une finale très longue de bois, cuir, chocolat au lait et torréfaction.

Caroni 1996 23 ans The Last Full Proof


Millésime 1996 mis en bouteille par Velier en 2019 après 23 ans de vieillissement, sous le nom The Last.

Caroni 1998 Rum Nation Small Batch 22 ans


Millésime 1998 embouteillé par Rum Nation en petit lot, au format 50 cl, après 22 ans de vieillissement. Une alternative aux lots Velier.

Les experts

L’avis de l’équipe

Du goudron chaud, du caoutchouc, du cuir : on ne boit pas un Caroni, on l’affronte. J’adore cette brutalité sans maquillage, héritée d’une distillerie aujourd’hui disparue. Le revers : l’histoire est close, et chaque bouteille se mérite. Si je ne devais en garder qu’une, ce serait le Full Proof 1996 en 20 ans, avec son tabac et son café posés sur un fond d’hydrocarbures.

L’avis de la communauté